La restauration hydromorphologique des cours d’eau

Des dizaines d’ouvrages transversaux (seuils et barrages) ont été identifiés sur les trois principaux cours d’eau du Boulonnais que sont la Liane, le Wimereux et la Slack. Leur vocation initiale était le plus souvent l’utilisation de la force hydraulique ou l’amendement des prés. De nos jours, ayant perdu leur usage économique, les ouvrages se dégradent progressivement. Par ailleurs, ils présentent des impacts négatifs[i] importants sur le fonctionnement des cours d’eau concernés.

Or, la Directive cadre européenne sur l’eau du 23 octobre 2000 (DCE) fixe aux Etats Membres un objectif général de non-dégradation et d’atteinte du bon état des cours d’eau à l’échéance de 2015. La France s’est engagée, à travers la première des lois « Grenelle », à atteindre ce bon état en 2015 pour 66 % des eaux de surface.

De plus, outre les plans saumon et esturgeon, la France vient de s’engager dans un plan de gestion de l’anguille[ii] en application du règlement européen n°1100/2007 du 18 septembre 2007 instituant des mesures pour la reconstitution d’un stock d’anguilles en Europe. Dans le cadre de ce plan de gestion, près de 1500 ouvrages faisant obstacle à la migration de l’anguille ont été identifiés et doivent être effacés ou aménagés d’ici à 2015.

Enfin, la table ronde du Grenelle de l’environnement a également décidé la mise en place à l’échéance 2012, d’une trame verte et bleue, visant à restaurer des continuités écologiques[iii] pour les milieux terrestres et les milieux aquatiques et préserver ainsi la biodiversité.

En réponse à ces différents engagements de l’Etat Français, le SYMSAGEB, en tant qu’établissement public en charge de la gestion des cours d’eau sur le territoire du Boulonnais, a décidé de lancer et financer une étude  de conception des aménagements visant la restauration de la continuité écologique de la Liane, du Wimereux et de la Slack. Elle aboutira à la caractérisation des travaux à réaliser sur les ouvrages sélectionnés (anciens moulins, seuils agricoles… : 42 ouvrages sur la Liane, 16 sur le Wimereux et 29 sur la Slack) et à leur programmation. Cette étude, démarrée en février 2011, est réalisée par le bureau d’étude CARICAIE, spécialisé entre autres dans la restauration de la libre circulation des espèces aquatiques et des sédiments  et la restauration des milieux aquatiques.

Une première étape de diagnostic s’est déroulée au printemps 2011, et les levés topographiques de chacun des sites ont commencé depuis début juin 2011.


[i] – Les seuils induisent une modification des écoulements en amont. La vitesse du courant diminue ce qui provoque une augmentation de la température de l’eau en étiage ainsi qu’une diminution de sa teneur en oxygène. Cette dégradation de la qualité physico-chimique de l’eau se traduit par un appauvrissement des populations animales et végétales sur cette portion du cours d’eau.

 

- Les seuils sont des obstacles limitant voire empêchant le déplacement des espèces aquatiques. Ceci implique leur impossibilité de réaliser tout ou une partie de leur cycle de vie et contribue au déclin constaté chez certaines espèces.

- Les seuils empêchent la circulation naturelle des sédiments. Ces derniers se déposent en amont de l’ouvrage et colmatent les fonds diminuant ainsi les capacités d’accueil et d’auto-épuration des cours d’eau.

[ii] Pour plus d’informations : http://www.onema.fr/IMG/pdf/plaq-anguille.pdf

[iii] La continuité écologique est établie lorsque :

-          La libre circulation des espèces biologiques vers les zones indispensables à leur reproduction, leur croissance, leur alimentation ou leur abri n’est pas significativement perturbée

-          Le transport des sédiments se déroule naturellement

-          Le bon fonctionnement des réservoirs biologiques est assuré (connexions latérales et hydrologie)

(article R214-109 du Code de l’Environnement)

Comments are closed.