Les plans de gestion des cours d’eau

La Directive Cadre Européenne sur l’eau du 23 octobre 2000 (DCE) fixe aux Etats membres un objectif d’atteinte du bon état des cours d’eau à l’échéance de 2015. Or, l’entretien réalisé depuis plusieurs années sur les trois principaux cours d’eau du Boulonnais que sont la Liane, le Wimereux et la Slack ne suffira pas pour atteindre ce bon état écologique. C’est pourquoi, le SYMSAGEB, au travers de plans de gestion établis pour 10 ans, souhaite mettre en œuvre sur chaque bassin versant[i], un ensemble d’actions visant à améliorer le fonctionnement écologique de ces fleuves côtiers.

Chaque Plan de gestion contiendra :

  • Un plan d’entretien
  • Un plan de lutte contre les espèces végétales invasives
  • Un plan de restauration

Les plans de gestion seront mis en place en premier lieu sur la Liane (et ses affluents) et sur la Slack puis sur le Wimereux. La procédure comporte une enquête publique qui permettra à chacun des riverains d’apporter des remarques sur les propositions d’aménagements intégrés aux plans de gestion.

L’essentiel du financement de ces opérations sera apporté par l’Agence de l’Eau, l’Etat, le Département et la Région.

Le Plan d’entretien :

Il se présentera sous la forme d’un ensemble de cartes au 1/5000ème associées à des tableaux synthétisant l’ensemble des actions à réaliser sur chaque tronçon pour les dix ans à venir.

L’entretien consistera essentiellement à abattre les arbres fortement penchés et recéper les arbres déstabilisés, dont l’eau a mis à nu les racines et qui risquent d’être emportés lors des crues.

Il s’agira également d’intervenir sur les embâcles et les atterrissements dommageables pour les biens et les personnes.

Les anciens dépôts de déchets répertoriés seront retirés.

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Le Plan de lutte contre les espèces végétales invasives :

Le long des berges de nos rivières se développe une végétation dite invasive représentée par la Balsamine Géante de l’Himalaya (Impatiens glandulifera) et la Renouée du Japon (Fallopia japonica).

Balsamine de l’Himalaya

Massif de Renouée du Japon

Concernant cette dernière espèce, les actions de lutte préconisées seront des fauches et/ou des arrachages répétés en période de végétation visant à épuiser la plante, associés parfois à des plantations d’espèces buissonnantes (effet de compétition). La lutte contre la Balsamine consistera uniquement en une coupe des inflorescences afin d’éviter la germination et la dissémination des graines.

Ce document se présentera sous la forme de fiches localisant les massifs à traiter et indiquant leurs caractéristiques ainsi que les travaux de lutte préconisés.

Modèle de fiche d’intervention pour le traitement des invasives

Le Plan de restauration :

Ce document présentera les différents aménagements à réaliser par tronçon à savoir :

  • Des plantations de ripisylves[ii], essentielles pour maintenir les berges grâce au réseau racinaire et qui permettront de diversifier ou de créer des habitats aquatiques et terrestres pour une faune variée. Le développement de cette ripisylve permettra également de maintenir un certain ombrage, limitant le réchauffement de l’eau et conservant ainsi sa bonne oxygénation.
  • La pose de clôtures en prairie afin de protéger les plantations et la végétation présente contre l’abroutissement. Ces clôtures permettront également d’éviter les multiples perturbations engendrées par la divagation du bétail dans le lit mineur[iii]. Afin de garantir l’abreuvement du bétail, seront installées en même temps que les clôtures des systèmes d’abreuvoirs : pompe de prairie et abreuvoir aménagé au fil de l’eau.
  • La stabilisation de certaines berges par des techniques végétales.
  • La pose d’épis réalisés avec des matériaux en bois afin de diversifier les écoulements sur certains secteurs et permettre, entre autres, une meilleure oxygénation de l’eau.
  • La stabilisation de passages à gué afin de limiter l’apport important de sédiments lors de pluies
  • Le remplacement de certaines buses soit par une buse de diamètre supérieur, soit par un pont cadre.

Modèle de fiche d’intervention pour les actions de restauration

L’annexe au plan de restauration : Rétablissement de la continuité écologique :

Ce document présente la localisation des ouvrages nécessitant une intervention, les travaux à réaliser et leurs coûts. Les objectifs de ces aménagements sont de redonner au cours d’eau son profil en long naturel et de restaurer la libre circulation piscicole et sédimentaire. Ainsi, en fonction de la nature et de la position de l’ouvrage, deux solutions sont envisagées :

  • Le contournement de l’ouvrage dans le cas où le cours d’eau a été dévié sur quelques mètres. L’opération consistera à remettre le cours d’eau dans son lit d’origine (qu’il a tendance à retrouver lors des crues)
  • Le dérasement de l’ouvrage lorsque ce dernier a été édifié en travers du lit naturel du cours d’eau. On supprimera dans ce cas la totalité du seuil.

Ces interventions seront accompagnées de mesures complémentaires comme la pose de seuils en bois, la plantation de ripisylve, la protection des berges ou un apport de graviers.

Détail d’une fiche d’intervention de restauration

La démarche et la procédure de Déclaration d’Intérêt Général (DIG)

Le SYMSAGEB a élaboré le dossier d’autorisation au titre du Code de l’Environnement pour l’ensemble du projet.

En parallèle, le projet est encadré par une procédure de Déclaration d’Intérêt Général. La DIG est une procédure permettant à une collectivité d’intervenir légalement sur les propriétés privées et d’y engager des fonds publics. La démarche inclut une enquête publique pour recueillir l’avis des riverains sur le projet. Enfin, pour mettre en œuvre les opérations de restauration, le SYMSAGEB prévoit d’établir des conventions avec les riverains volontaires.

Les plans de gestion ont reçu les autorisations préfectorales et sont aujourd’hui en vigueur :

– Plan de gestion de la Liane : arrêté préfectoral en date du 4 avril 2013

– Plan de gestion de la Slack : arrêté préfectoral en date du 29 juillet 2013

– Plan de gestion du Wimereux : arrêté préfectoral en date du 7 avril 2014


[i] Le bassin versant correspond au territoire drainé par un cours d’eau et ses affluents. Il est délimité par la ligne de partage des eaux qui détermine la direction de l’écoulement des eaux de pluie vers un cours d’eau.

[ii] Végétation ligneuse présente sur les berges des cours d’eau

[iii] Le lit mineur est limité par les berges

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