L’étude des épisodes de crue

La crue de novembre 2009

La pluviométrie du mois de novembre 2009 a été exceptionnelle. Nous avons relevé un cumul mensuel de 330 mm, soit plus de trois fois le cumul mensuel moyen du mois de novembre, qui est de 102mm. Sur le pluviomètre de Desvres, le cumul atteint même les 365 mm !

Sur la semaine du 22 au 29 novembre, les précipitations atteignent les 200 mm (entre ¼ et 1/5ème des précipitations moyennes d’une année complète) !

Enfin, la journée du 26 novembre a été la plus pluvieuse, avec 50 mm en moyenne et jusqu’à 60 mm sur la station d’Henneveux !

Cumul pluviométrique des 26 et 27 novembre 2009

Au niveau des intensités de pluie, nous avons pu remarquer que nous étions en présence d’averses très importantes de type orageux. En effet, les intensités ponctuelles sont très importantes.

L’évènement a également surpris par sa durée. Sur le Boulonnais, il est en effet assez rare de constater des pluies aussi importantes sur une durée aussi longue. A la fin du mois, les sols étaient absolument saturés et la totalité des précipitations a ruisselé, provoquant une élévation très importante du niveau des cours d’eau.

Ainsi, cette crue est la plus importante que nous ayons subie depuis la crue de novembre 1998. Le débit maximum estimé empiriquement sur l’aval de la Liane est de l’ordre de 90 m3/s. La période de retour relative au cumul de précipitations et à l’intensité des pluies est de l’ordre de 50 ans.

Notons également que les coefficients de marée étaient très bas cette semaine là (inférieurs à 60 et même à 36 le 26/11), ce qui a très largement facilité l’évacuation en mer des débits de crue. Cette situation de marée a pour une fois été très favorable, mais ce ne sera pas toujours le cas, et nous devons tous garder à l’esprit que le risque d’inondation ne sera jamais totalement maîtrisé !

Au niveau des conséquences de cette crue, il apparaît clairement que les travaux des années 2008 et 2009 (voir la rubrique des réalisations) ont permis d’améliorer nettement la situation des communes les plus exposées.

Les débordements de la Liane ont aussi fortement touché les communes de Samer, Hesdigneul-les-Boulogne, Hesdin-l’Abbé et Isques, mais surtout la commune de Saint-Etienne-au-Mont. La rue de la Gare et la rue Paul Doumer ont été inondées, avec quelques habitations directement touchées.

Inondation de la rue de la Gare à Pont-de-Briques

Pourtant les travaux de curage et recalibrage ont permis d’augmenter considérablement le débit pouvant passer sans débordement. De même, les clapets anti-retour ont permis de mettre hors d’eau des secteurs habituellement inondés. La situation hydraulique du quartier s’est trouvée très nettement améliorée et les riverains ont pu constater les effets bénéfiques des travaux. Sans l’intervention de l’année 2008 sur les deux bras de la Liane, de très lourdes conséquences auraient été à déplorer.

A Saint-Léonard, le bassin de Tournes a écrêté le pic de débit et permis le passage de la crue sans débordement au niveau de la Cité de l’Aurore. Les clapets anti-retour, combinés à l’évacuation des eaux au barrage Marguet, ont permis d’éviter les débordements sur la rue des Bergeronnettes.

Bassin de Tournes rempli le 26 novembre 2009

A Hesdigneul, le niveau de la Liane est resté très haut pendant une semaine. Le quartier de la Place Pauchet, situé sous l’influence conjointe du ruisseau d’Ecames et de la Liane, a subi des débordements mais sans que l’eau n’atteigne les maisons. Le remplissage du bassin d’Ecames a en effet permis de retenir le pic de débit.

Remplissage du bassin d'Ecames lors de la crue de novembre 2009

La crue a également permis de mieux cerner ce qui reste à faire pour poursuivre les interventions de prévention des inondations pour les secteurs toujours vulnérables.

La commune la plus touchée par l’inondation sur le bassin de la Liane est la commune de Baincthun. Une quinzaine d’habitations ont été inondées par le ruissellement et le débordement du ruisseau de Berthenlaire. C’est précisément sur ce secteur que le SYMSAGEB a programmé l’aménagement en 2010 du prochain bassin d’expansion de crues : le bassin de l’Hermite (lien vers la page projets – bassin de l’hermite), qui permettra de protéger ces maisons.

Sur la Slack, la pluviométrie intense du mois de novembre a provoqué des débordements majeurs sur toute la superficie de la basse vallée de la Slack. Néanmoins, les travaux effectués en septembre et octobre 2009 sur le Canal Napoléon ont permis d’augmenter le débit d’évacuation en mer, en évitant de rehausser artificiellement la ligne d’eau. De même, ces travaux ont facilité la vidange de ces prairies après la crue. Le niveau d’eau dans les prés a baissé plus rapidement qu’auparavant.

Enfin, sur le Wimereux, les dégâts liés à la crue se sont essentiellement déroulés le jeudi 26 novembre 2009. Les prairies du lit majeur ont été fortement inondées. Les bassins de tamponnement de la RN42 ont débordé, provoquant la coupure momentanée de cet axe. A Belle-et-Houllefort, deux maisons ont été inondées en rive droite du Wimereux. A Conteville-les-Boulogne, le ruisseau du Pont Jean Marck est sorti de son lit. Les travaux d’aménagement des bras de décharge et de modification des ouvrages de franchissement, réalisés en fin d’année 2010 en partenariat avec le Conseil Général du Pas-de-Calais, devraient permettre d’améliorer la situation de ce quartier lors de la prochaine crue.

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